2016 : Bastille Design Center du 13 au 15 octobre, 74 boul. Richard Lenoir, 75011 Paris

2015 : Premier Regard du 19 mars au 8 avril, 10 rue Humblot, 75015 Paris

2014/15 : Fondation Francès du 12 décembre au 31 janvier, Senlis

2014 : Salon de Montrouge du 30 avril au 28 mai, Montrouge

2013 : «Chair/Sable/Plastique», Lyon

2011 : hutte-hold-up collective, bois colombes

2010 : Diplômé de l’école Émile Cohl, Lyon

1987 : Naissance, Rillieux-la-Pape


Thibaut Huchard

par Anne Martin-Fugier


Il peint même au crayon

À huit ans, il a pris des cours de dessin. À douze ans, il s’est mis à fréquenter un atelier où il a fait de la peinture à l’huile. Plus tard, il a passé cinq ans à l’école Emile Cohl de Lyon qui forme aux métiers du dessin, illustration, BD, dessin animé.

Diplômé en juin 2010, il a, dans un premier temps, tâché de ne pas quitter le domaine artistique : le matin, il travaillait pour un client ; l’après-midi, il se consacrait à sa peinture. Mais bientôt il lui a semblé impossible d’avoir une activité alimentaire dans le même registre que sa création personnelle. Il s’est installé à Paris à l’été 2011 et a choisi de se concentrer sur sa création en vivant de petits boulots sans rapport avec l’art. Il peint chaque après-midi dans un atelier collectif, l’Atelier en Commun, au 100, rue de Charenton.


Au départ, il y avait le bonheur de la peinture matiériste, abstraite. Thibaut n’est venu au dessin, dit-il, que pour structurer sa peinture. Il la voulait moins gestuelle, subordonnée à une composition, «vivante sans être barbouillée ». Il a dessiné des esquisses, comme une partition qui devait le mener au tableau, jusqu’au jour où un ami peintre lui a suggéré que ces esquisses étaient en elles- mêmes des œuvres.

Dessins et tableaux sont des représentations figuratives. Il travaille à partir de photos, de captures d’écrans, de supports documentaires. Au centre de l’œuvre, il installe souvent un faisceau de lumière, un cône d’éclairage, une «poursuite» en langage théâtral. La première série, Cour de récréation, met en scène des orgies, comme le beau grand dessin d’une foule de nus en grisaille, fantomatiques, enchevêtrés, entourant une fille à la peau foncée, à genoux, qui se masturbe. Faubourg, série plus récente, est composée de douze dessins destinés à devenir des peintures à l’huile sur toile. L’un d’eux, Hyène, a déjà donné naissance à une grande toile. Au centre, une grosse voiture le long d’un trottoir, portière ouverte; autour, une douzaine de jeunes gens désœuvrés portant sweat-shirts, capuches ou casquettes.

Les uns sont assis sur le capot ou sur le siège, d’autres, sur un banc, leur tournent le dos, d’autres encore sont debout contre la voiture. Ils tiennent des bouteilles, se passent un joint. Aucun ne regarde les spectateurs mais l’un d’eux tient en laisse une hyène qui, elle, nous regarde. Les tonalités sont sourdes avec quelques taches de couleur comme le vert cru d’un pantalon, le côté morne étant accentué par la barre HLM à l’arrière-plan. D’autres scènes sont insolites comme Sieste, où un homme est allongé par terre dans une clairière, observé, peut-être avec réprobation, par des gens en cercle autour de lui. Ou comme Le Procès du porc qui s’inspire des procès d’animaux du Moyen Âge. Les cadrages originaux, souvent sur les jambes des personnages (La Nappe, Twister, Agence n°2), et le jeu sur les nuances de gris font de ces œuvres sur papier des tableaux en noir et blanc plus que des dessins.